GEORGES PRIVET

.... fait de sa vie son cinéma

....................... un texte d' Yseult Picard

Le réalisateur et critique de cinéma Georges Privet ne se souvient pas d’une époque où il ne ’intéressait pas au 7è art: «Je devais avoir 8 ans quand j’ai vu 2001 L’Odyssée de l’espace. Depuis ce temps là, je me suis toujours demandé comment des images qui avaient l’air si vraies pouvait être si fausses.» Son passage du statut de critique (Voir, Elle Québec, 24 Images, TV Hebdo) à celui de chroniqueur, recherchiste et maintenant journaliste-réalisateur à l’émission Le Septième s’est fait tout en douceur : «Pour moi être critique de cinéma, c’est un moyen de partager ma passion du cinéma. Devenir réalisateur, c’est apprendre à jouer avec les images et savoir communiquer avec elles pour partager cette même passion, celle de raconter des histoires.»

Après avoir passé deux années à travailler au Septième comme journaliste, chroniqueur et recherchiste et une troisième année comme réalisateur aux côtés du réalisateur-coordonateur Martin Roy, voilà que son successeur Éric Blouin est enchanté de voir Georges réaliser ses propres reportages : «Avant d’être réalisateur, Georges était comme Obélix qui ne peut pas boire de potion magique, maintenant qu’il peut le faire il se gâte. C’est quelqu’un qui a vraiment beaucoup de talent, on est vraiment content de travailler avec lui.» Comme tous les véritables cinéphiles, Georges a ses obsessions cinématographiques, ses thèmes favoris, ses époques aussi, et c’est à partir de ses connaissances et de ses observations qu’il prend plaisir à créer ses topos.

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Productions 2004-2005


Faire beaucoup avec peu

«J’aime faire des choses que j’aimerais voir. Je ne réinventerai pas la roue, mais on a une liberté au Septième, ce qui est très rare à la télévision québécoise. Chacun de mes reportages est construit comme un univers en soi, avec son style propre. Ce que j’aime le plus en fait, ce sont les moments de découvertes pendant la recherche, ceux qui m’amènent dans une direction à laquelle je n’aurais pas pensé.» Georges n’est pourtant pas très familier avec le médium de la télévision, mais il apprend depuis quatre ans à cerner ses limites et à les dépasser.

Ce nouveau mandat de réalisateur l’excite au plus haut point : «Je souhaite faire sortir les gens de ce qu’ils connaissent, leur faire voir le monde à travers une autre fenêtre. Illuminer une nouvelle facette, voir sous un autre œil, c’est vraiment ce qui me passionne et le cinéma, tout comme les arts en général, nous permet de faire ça.» Georges Privet discute du cinéma comme on pourrait parler de la vie, il fait référence à l’harmonie, parle d’éveil et d’opportunités infinies, se fait l’interprète de l’importance de s’amuser et de laisser place aux imprévus.

Le coeur a son métier

Il dira que pour partager sa passion, il est nécessaire d’être passionné et on n’a qu’à l’écouter pour le croire sur parole : «Je suis toujours ici à Télé-Québec, je ne compte pas mes heures et je travaille toujours jusqu’à la dernière minute. Quand je choisis 30 extraits de films, ça veut dire que j’en ai vu au moins 100, c’est comme ça pour tout», dit celui qui visionne plus de 12 films par semaine, sans compter toutes les images qu’il tourne et avec lesquelles il « vit » jusqu’au montage et ensuite la diffusion, l’ultime moment de lâcher prise.

Les reportages télévisés de Georges Privet sont donc conçus comme des petits films, des minis-documentaires avec un regard historique ou une analyse sociologique sur le cinéma. Au cours de l’année, il a entre autres réalisé un reportage sur la belle époque des films de fesses au Québec, un autre sur le thème des clichés au cinéma et il a fait une illustration vidéo du manifeste réunissant les auteurs du groupe qui s'est auto-baptisé Les cinéastes en colère. Ce manifeste signé par les plus grands cinéastes québécois dénonçait les politiques de financement de Téléfilm Canada, dont les fameuses enveloppes à la performance et l’aide à la distribution.

Georges Privet parle avec enthousiasme de l’idée de poursuivre dans la réalisation, que ce soit du côté du documentaire ou de la fiction : « N’importe quoi pour continuer de pousser ma passion plus loin. De toute façon, je ne crois pas qu’on puisse passer sa vie à voir des films sans vouloir en faire. Et puis le cinéma quand c’est bien fait, ça nous conduit ailleurs, ce que la vie ne fait malheureusement pas toujours ! »