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Jean-Évrard
Bilodeau est un réalisateur curieux qui est attiré
par un éventail très vaste de sujets et par tous
les aspects de la réalisation. En ce sens, il me fait penser
à un sculpteur dont la matière pourrait être
autant une pierre précieuse qu'un bout de métal
recyclé. Il sait être à l'écoute des
matériaux et des contenus dont il se fait le maître
d'uvre, découvrir leur langage propre et il réussit
toujours à leur donner une juste forme. D'ailleurs, son
registre est très étendu : alternant entre des reportages
et des documentaires faits dans la plus pure tradition journalistique
avec des oeuvres d'auteur artisanales fort émouvantes.
Les styles sont tout aussi variés : du classique aux formes
les plus éclatées. Les influences artistiques sont
multiples : la musique, la danse, la fiction, ... Les sources
d'inspirations diversifiées, qu'il s'agisse de l'uvre
d'un poète, de la vie d'un homme scientifique, d'un ouvrier
victime d'une injustice, etc...
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«Qu'importe
l'uvre réalisée par Jean-Évrard, sa
façon de communiquer passe par des atmosphères puissantes.
Pour se faire, il n'hésite pas à naviguer sur toutes
les eaux, alliant poésie, trash, subversion, etc. sans
jamais chavirer. De ces amalgames qu'il nous propose émerge
invariablement beaucoup de justesse.»
- Érik Tremblay
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Nous
sommes dans un café. L'entrevue avec ce réalisateur
nominé aux Gémeaux et récipiendaire d'un
Prix Anik en 1995, débute de façon inusitée.
D'emblée, Jean-Évrard Bilodeau me confie qu'il n'est
pas intéressé à parler de lui ou de son travail
(!).
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| «De
plus en plus, je trouve qu'on assiste à une surenchère
de bavardages narcissiques. Le journalisme, l'information et le
star système sont incompatibles.» -
Jean-Évrard Bilodeau |
| Ce
qui le préoccupe, c'est le métier de journaliste-réalisateur,
la nature du médium télévisuel et ce qu'on
en fait. |
«Je
considère la télévision comme un art mais aussi
comme un instrument de changement social très puissant et
un vecteur privilégié des nouvelles valeurs. La télévision
pourrait être différente : beaucoup plus créative,
diversifiée, subversive et constructive si elle n'était
pas assujettie, notamment, aux impératifs des cotes d'écoute
et à l'air ambiant de l'auto-censure.»
- Jean-Évrard Bilodeau |
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Jean-Évrard Bilodeau est issu d'une famille sensible aux
arts et aux domaines des communications. Dès l'enfance, il
s'est toujours amusé à dessiner, à peindre
puis à jouer avec un appareil photo. Pas étonnant
qu'à treize ans, tandis qu'il regarde son émission
préférée : Télé-Jeans,
il le fait en train de peindre. Un regard sur cette émission
qui donne la parole aux jeunes, un regard sur sa toile. Nous sommes
un samedi matin. Télé-Jeans s'achève
sur l'annonce d'un concours : |
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Courez
la chance de vous envoler pour la France afin de participer au
tournage de 13 émissions documentaires ayant pour titre
: Un regard s'arrête. Dépêchez-vous de faire
parvenir votre candidature en nous acheminant une lettre qui témoigne
de vos motivations ainsi que des oeuvres que vous avez réalisées.
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Le
pinceau glisse des mains de Jean-Évrard Bilodeau. Il court
à sa chambre. Une heure plus tard, d'un jet, il achève
d'écrire une longue lettre de dix pages. Puis il rassemble
dessins, peintures et photos. Enveloppe, timbres, bureau de poste
: attente. Sur 350 jeunes, on retient 10 finalistes dont Jean-Évrard
qui est sélectionné. Et c'est alors que commence
une aventure tellement stimulante qu'elle déterminera son
choix de carrière : Jean-Évrard Bilodeau deviendra
réalisateur !
Après
des études collégiales en art plastique puis un
court séjour en cinéma à Concordia, avec
une spécialisation secondaire en Arts visuels, Jean-Évrard
Bilodeau est impatient de faire du terrain. Une opportunité
s'offre à lui comme preneur de son. Rapidement, il est
engagé pour travailler sur l'émission Le Point
diffusée à Radio-Canada. Il s'ensuit de nombreux
voyages à travers la planète et parfois non sans
danger. Il faut entendre toutes les anecdotes que Jean-Évrard
Bilodeau raconte au sujet de cette époque pour comprendre
un autre aspect de sa personnalité : son goût de
l'aventure, sa soif de liberté et sa capacité à
se surpasser au sein des situations les plus risquées,
voire chaotiques. On peut facilement appliquer ces traits de caractère
à sa manière de réaliser.
| «Même
si je suis toujours préparé, je demeure à
l'écoute du moment présent et je suis toujours
prêt à réagir aux imprévus et à
l'inattendu. J'utilise la spontanéité et l'improvisation
comme des moteurs puisque selon moi, nos émotions sont
des outils au même titre que l'image et le son. Réaliser
c'est comme composer une pièce de musique. Il suffit
d'être à l'écoute du langage propre au
médium. En ce sens, qu'importe le sujet ou les circonstances,
il est toujours possible de réaliser une oeuvre pertinente.»
- Jean-Évrard Bilodeau
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«Jean-Évrard
Bilodeau est un réalisateur de réflexion et
d'instinct. Il est comme un félin. Sa résolution
devant le chaos est étonnante. J'ai le sentiment que
c'est ce qui le fait vibrer. Et, comme un félin, il
retombe sur ses pattes. À travers le filtre de sa créativité,
dans l'instant présent, il aura saisi une idée,
une émotion, et le résultat est toujours heureux
et parfaitement original.»
- Érik Tremblay |
Par
la suite, Jean-Évrard Bilodeau écrit et réalise
son premier documentaire : Les icônes de Nazareth.
Pour se faire, il part quelques semaines en Palestine. Les années
suivent au rythme des documentaires (La peinture, Majesté
de Baie Saint-Paul ; Osez !, etc...), des créations
scénaristiques (ONF), des reportages télévisuels,
notamment au sein des émissions suivantes: Ce Soir Montréal,
Enjeux, 1045 des Parlementaires puis Méchant
contraste ! où il réalise principalement
les liens et le packaging et, à l'occasion, des reportages.
«J'ai
une grande reconnaissance à l'égard de Télé-Québec
puisque ça prend de l'audace pour produire Méchant
contraste !, une émission panquébécoise
à contenu éditorial et dont la forme est éclatée.
Pour moi, c'est un bonheur de travailler sur cette émission
qui me donne l'opportunité de m'attaquer à des
contenus solides dans une formule qui n'est pas préétablie
et où l'expérimentation est possible.»
- Jean-Évrard Bilodeau
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Malgré
le fait qu'aucune des émissions qu'il a réalisées
à Méchant contraste ! soit semblable,
on reconnaît la signature de cet artiste réalisateur-journaliste.
Car après tout :
«On ne fait pas de la télé comme on construit
des bungalows !»
- Jean-Évrard Bilodeau |
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