.. Réalisons que ...

 

par Béatrice Raimbault
nos 28, paru le 3 octobre 2000

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LES PETITS PARADIS DU GRAND ROBERT


Certains se souviennent qu'à ses débuts, Radio-Québec faisait figure d'îlot dans l'étendue audiovisuelle. Nous sommes en 69. Mandaté par le Ministère de l'Éducation, un groupuscule de personnes bien intentionnées se démène pour offrir à l'auditoire québécois un réseau éducatif. Robert Desrosiers fait partie de ces missionnaires. La plupart de ceux qui le connaissent vous diront que ce grand et bel homme a vraiment apporté à Radio-Québec. On a du mal à croire que Robert soit devenu réalisateur par inadvertance. Oui, c'est vrai!. Au début des années soixante, tout pouvait arriver…
Le Roi Robert

Robert Desrosiers, jeune diplômé des Arts Appliqués, veut démarrer sa carrière de publicitaire et frappe aux portes de Radio-Canada. Il pose sa candidature pour le secteur graphique mais se retrouve aux films. Pendant sept ans, il fait du montage. Avec Paul Blouin et Jean-Paul Fugère, il apprend beaucoup. «On m'a même considéré comme un des grands monteurs de Radio-Canada» À son arrivée dans un Radio-Québec embryonnaire, il se voit confier le secteur des diaporamas. «À l'époque, il n'y avait que ça et Les Oraliens». Objectif fort réussi d'ailleurs: on le couronne «le roi de la slide». Ces diaporamas ont beaucoup plu. L'équipe s'est même rendue jusqu'à Chicago pour recevoir un prix. Il y aurait dans les archives un petit film bien rigolo sur ce voyage. Imaginez la suite des événements…

"Une vie heureuse…heureuse"

Une saine dynamique régnait dans les bureaux du nouveau réseau. «Il y avait des courants de pensées quotidiens». On s'engageait dans de grandes luttes quant à la forme des émissions. Les créateurs revendiquaient la liberté d'exercer leur métier. Robert Desrosiers avoue que son passage à Télé-Québec, qui a duré plus de 25 ans, fut une aventure extraordinaire. Celle d'un homme exigeant qui en a toujours fait à sa tête. «Je n'ai jamais voulu mangé de dessert que je n'aimais pas!» Et, fait important, il a toujours choisi et signé ses œuvres, que ce soient des portraits d'artistes, des dramatiques, ses fameuses vignettes sur les peintres ou le télé -théâtre; vous rappelez-vous Marcel poursuivi par les chiens, d'après l'œuvre de Michel Tremblay ? Un bon moment de télé, tout de même ! Aussi, passez par la cinémathèque pour visionner deux films surréalistes de son crû. Le premier, entièrement payé de sa poche, a pour nom Tant que s'illuminera l'animal stratifié. Le second, Une vie heureuse…heureuse, avait été tourné à ses débuts à Radio-Canada : un titre qui pourrait bien convenir au film de sa vie.

Et maintenant…

Le grand Robert a quitté Télé-Québec en 1995. Il s'éclate toujours. Il partage son temps entre ville et île, entre création
et nature. L'Internet le fascine depuis des années. Maintenant il crée des sites: tous ses talents y sont mis à contribution, le dessin, la musique, le vidéo… Et il reste libre dans sa création. Robert retrouve souvent son petit paradis. Un lieu émaillé de fruits, de fleurs et de verdure et au nom si frais. Pour Robert, l'Île Verte c'est «la nature à son état le plus gentil». Robert y place son âme. Il s'occupe de la présidence des traversiers de l'Île Verte. Et tous les mois, il publie "L'insulaire", le petit journal de l'île. Robert a toujours été un être généreux…Tout le monde vous le dira.


braimbault@hotmail.com
http://site.voila.fr/raimbault

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