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AU TRÈS SÉRIEUX
POINTS CHAUDS
un texte de Béatrice Raimbault
... Au
Québec, nous sommes peu nombreux à ne pas avoir entendu,
lu, vu ou chantonné des mots de Parenteau. Et quand je dis nous,
je finis moi aussi par me demander qui inclut ce vaste pronom, moi la
française ! Une question complexe sur la notion d'identité
québécoise que François Parenteau a explorée
avec un documentaire de son crû. En février dernier, Télé-Québec
diffusait son Qui est NOUS? (produit par Virage). Une génération
jeune de Québécois issus de diverses cultures s'exprimaient
sur ladite question.
Une
équipe unanime
... Cette année, François Parenteau
s'intéresse de près à l'actualité internationale
pour l'émission Points chauds diffusée le
jeudi à 21 heures (en reprise le samedi à 14 heures).
Il réalise les topos déclencheurs (travail qu'il partage
avec la réalisatrice Catherine Hébert) projetés en
milieu d'émission, juste avant l'ouverture du dossier brûlant
de la semaine à la table ronde. Ce réalisateur ne regarde
pas le monde par le petit bout de la lorgnette. C'est tout un esprit qui
oeuvre dans un lopin de bureau sans vue sur le pont Jacques Cartier ni
sur rien d'ailleurs (Ah si ! sur le fax collectif au bout du couloir du
quatrième étage de Télé-Québec). Toute
l'équipe de Points Chauds s'accorde pour clamer le
professionnalisme de ce gars plus connu en tant que chroniqueur et humoriste.
Des
chroniques pleines de sel
... Depuis 1997, on peut l'écouter
à Samedi et rien d'autre, diffusée sur les ondes
de la radio de Radio-Canada. Une émission orchestrée par
l'excellent Joël Le Bigot. Tous les samedis matins, François
analyse à sa façon l'actualité sociale et politique.
Les auditeurs attendent ces billets d'humeur emplis d'humour avec impatience.
Si vous avez loupé bon nombre de ses chroniques et le regrettez
amèrement, pas de panique! Les meilleures ont été
réunies en deux recueils : Réveils mutins I (aux
éditions Les Intouchables) et Réveils mutins II préfacé
par Yvon Deschamps( chez Lanctôt Éditeur).
D'une
génération à l'autre
... Jacques Véronneau, présentateur
de Points chauds, confirme ses talents de réalisateur. «J'avais
été impressionné une première fois par sa
réalisation du vidéomarketing pour le lancement de la
programmation de la saison 2000-2001 pour notre réseau.»
Ce n'était pas sa première réalisation. François
Parenteau apprivoisait le métier en 1994 avec une participation
à La Course Destination Monde. Il est arrivé quatrième
mais a tout de même remporté le prix de l'Office de la Langue
Française pour le meilleur commentaire. Et Jacques Véronneau
ajoute, avec une toute petite lueur de nostalgie dans le regard, «Il
nous ressemble quand on avait le même âge.» Le nous,
c'est lui, c'est aussi Simon Girard, le réalisateur-coordonnateur
de l'émission et puis les autres, ceux qui partageaient, il y a
plus de vingt ans, les mêmes idéaux. Et Parenteau, jeune
représentant de la génération X n'en manque pas.
Un
Zapartiste
... François Parenteau fait partie
du collectif des «Zapartistes», un groupe engagé qui
fait du cabaret politique. Ne pas confondre avec des émules du
mexicain Zapata. Les Zapartistes ne fomentent pas des révolutions.
Non, loin de là. Leur unique arme est l'humour. «Sourire
est la meilleure façon de montrer les dents.» Telle est
leur devise. Et c'est leur liberté de discours ressuscitée
(on n'osait plus depuis longtemps au Québec!) dans notre ère
mondialisée et individualiste qui est radicalement révolutionnaire.
(N'oublions pas que les cendres des Cyniques (1965-1972), dernier groupe
d'humour politique, reposent depuis 30 ans dans une urne poussiéreuse).
Un
bon imitateur
... Pour passer un bon moment et de même
adhérer aux idées des Zapartistes, veuillez réserver
tout de suite votre table au café-resto l'Apparté (rue St-Denis),
lieu où le groupe s'est formé le soir des dernières
élections fédérales. Appelez, ça ne coûte
pas grand chose, on passe le chapeau. Des spectacles sont prévus
à partir du 2 novembre. J'ai lu quelque part que François
Parenteau serait considéré comme le meilleur imitateur de
Jean Chrétien et d'hommes politiques. (Petit souvenir : François,
alors âgé de 17 ans -à peu près la moitié
de son âge actuel-, imitait Chrétien et quelques autres pour
une publicité en faveur du lait.) C'est sûr qu'il nous livrera
de bonnes prestations au cours de ces soirées.
Et
puis, et puis
... François Parenteau, c'est aussi
un drôle de prof : il enseigne à L'École nationale
de l'humour. C'est aussi un auteur d'enfer : il a écrit pendant
plusieurs années les textes de Radio enfer, l'émission
phare de Canal Famille (maintenant Vrak.TV). Une série qu'affectionnent
les ados (ainsi que beaucoup de parents.) On se bidonne toutes les trois
secondes. Les situations sont cocasses et ça se répond du
tac au tac au sein de cette radio étudiante. Et puis, pour les
nostalgiques de CROC, François Parenteau a signé bon nombre
de chroniques pour ce défunt magazine d'humour. (Il ne vous reste
plus qu'à faire les marchés aux puces ou le Colisée
du livre).
Finissons
sur une note de musique
... Pour revenir au mot chantonné
de ma première ligne, saviez-vous que c'est toujours ce même
François Parenteau qui a écrit les textes des chansons Les
trois petits cochons (le succès de l'album Le fou du diable)
et Le petit chaperon rouge interprétées par notre
Dan Bigras national? Mais il ne fait pas que revisiter des contes. Il
lui a aussi offert Une vie pour naître, une chanson sur les
sentiments.
VOUS venez de découvrir
un bref aperçu de l'univers Parenteau.
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