Réalisons que ...

numéro 44..
mars 2004..

CATHERINE HÉBERT
nous invite à prendre son temps

un texte d'Yseult Picard

....Réalisatrice de reportages à l'émission Points chauds, Catherine Hébert a une formation en journalisme international. Derrière son visage angélique, sa petite taille et son allure féminine se cache un esprit très allumé, sensible aux réalités peu médiatisées de ce monde. Catherine aime aller au bout du monde d'abord pour rencontrer des gens, ceux qui accepteront de lui faire des découvertes, des sujets de reportage loin de l'actualité quotidienne.

...Or, elle s'intéresse tout autant à l'individu ordinaire, au voisin de pallier qu'à la personne qui, mine de rien, se démarque dans un groupe. De façon modeste, allant même jusqu'à afficher une certaine pudeur, cette jeune réalisatrice tente d'atteindre la vérité en s'approchant le plus possible du cœur des individus. Pour ce faire, il faut du temps; c'est pourquoi après son travail en coopération internationale au Sénégal, son passage à l'émission Au bout du monde sur les ondes de TVA (qui, selon Catherine, se voulait une suite à La Course Autour du Monde), et à après un stage déterminant à la RTBF à Bruxelles, Catherine Hébert a choisi d'aborder son métier avec le documentaire, un médium peu séduisant aux yeux de certains, mais qui possède toutes les qualités recherchées par notre réalisatrice.

... «Il faut que le personnage que je choisis ait le temps de comprendre où je veux aller, ce que je veux faire. Sinon on manque de temps pour établir un climat de confiance nécessaire pour créer quelque chose d'authentique. Aussi, j'essaie de m'attarder à des causes moins tendances ou encore déjà abondamment traitées comme celles de la mondialisation ou de la malbouffe.»

C'est dans cet esprit que Catherine Hébert a signé un documentaire intitulé Thé à l'ambassade sur un prisonnier des camps de concentration japonais, aujourd'hui âgé 80 ans, dont la seule consolation se trouve dans quelques tasses de thé bues à l'ambassade du Japon à Ottawa. «Il s'agissait de présenter un illustre inconnu avec une histoire bien particulière et le documentaire me permet de le dévoiler quand je me sens prête à le faire. C'est ce qui me plaît.»

John, ex-prisonnier

Catherine et John durant le tournage de Thé à l'ambassade

... La journaliste a aussi travaillé comme recherchiste et assistante-réalisatrice sur le documentaire de Raymonde Provencher, War Babies, présenté le 25 janvier dernier sur les ondes de Télé-Québec.

... Catherine s'estime également privilégiée de travailler pour une émission comme Points chauds : «Je réalise mes reportages dans une grande liberté tout en profitant de la ligne éditoriale élaborée par l'équipe.» D'un autre côté, son statut de pigiste lui permet d'envisager les projets les uns après les autres, elle prépare déjà un nouveau documentaire qu'elle décrit timidement comme «un Jésus de Montréal en vrai».

... Et la jeune journaliste ne se décourage surtout pas devant les stéréotypes qui collent aux documentaristes, comme ceux du manque de moyens financiers et du cercle de diffusion restreint. Optimiste et audacieuse, elle évoque l'argument de toujours trouver un moyen de parler de ce qui l'intéresse, en utilisant s'il le faut une autre voie que le documentaire.

... Et si l'on prenait le temps d'aller vers les gens en sa compagnie, sa route nous conduirait au bout du monde, là où elle aime trouver les personnes qui l'entraînent vers l'exploration et la découverte, sources de sujets inédits et garantes d'une originalité et d'un propos singulier, ceux de Catherine Hébert.

 

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