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Le plaisir avant tout Télé-Québec est le réseau du bon cinéma classique, et heureusement. Les cinéphiles francophones ont peu de choix. Regarder Télé-Québec ou courir à la Boîte Noire. Les films diffusés sur le réseau de télévision québécois ne sont pas toujours récents mais la plupart sont des chefs-d'œuvre. Quel plaisir de découvrir le cinéma français, italien ou polonais et de ne pas laisser dans l'oubli le cinéma québécois et ses principaux artisans. À Montréal, il y a un cinéphile des plus privilégiés. C'est Sylvain Caron. Depuis deux ans, il travaille à Télé-Québec. Il fait l'autopromotion des films. C'est un pur plaisir pour ce fana du cinéma. Sylvain est surtout un créateur. Aussi, il a mène une carrière parallèle. Depuis dix ans, il réalise des spots publicitaires. Sa passion, que ce soit à Télé-Québec ou ailleurs, est de concevoir des messages de trente secondes au plus. Ce n'est pas toujours simple. Bleu, Blanc, Rouge en trente secondes Sylvain Caron dispose de trois journées à Télé-Québec pour faire l'autopromotion de tous les films de la semaine. Il visionne les cassettes chez lui. Chaque film est une nouvelle ambiance à découvrir. Sylvain aime particulièrement les grands classiques français. Il m'a donné le goût de voir Mauvais Sang, un film de Léo Carrax avec Juliette Binoche. Aussi, il pourrait bien vous conseiller sur le cinéma américain indépendant. Son grand plaisir est de refaire un petit film de trente secondes sur les films visionnés. C'est tout un art de transcrire l'ambiance générale d'un film par un petit résumé. «Résumer Fargo en trente secondes, c'est amusant» Son petit bijou est un trente secondes sur la trilogie Bleu, Blanc, Rouge du réalisateur polonais Kieslowski. Bien sûr, il ne suffit pas d'aimer le cinéma pour mériter ce poste à l'autopromotion. Il faut posséder de solides connaissances sur la complexité du monde cinématographique. Sylvain Caron a fait des études universitaires en communications, volet cinéma. «Je suis chanceux, je n'ai jamais manqué de travail» Tout a commencé en 1988. Sylvain Caron était monteur à TVA. En fait, il apprenait le métier de réalisateur. Sylvain a commencé par des publicités locales. Les moyens étaient pauvres et les exigences énormes. «Je suis passé par la bonne école». Depuis quelques années, des boîtes privées comme Vidéo 30 ou J.P.L. Productions l'embauchent. On lui confie des pubs plus nationales, que ce soit pour la bière, des bijoutiers, des fédérations… Une clientèle fidèle s'est constituée. Cette semaine, Sylvain et un collaborateur concepteur ont cinq spots publicitaires à réaliser. «Je suis chanceux, je n'ai jamais manqué de travail.» Sylvain peut garder le sourire. Télé-Québec et d'autres employeurs lui font confiance. Et toujours, il réalise avec une entière liberté de création. Quand le travail devient réel plaisir. Par Béatrice Raimbault,
paru dans le numéro 17 de Réalisons |