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Les
couleurs de l'Abitibi ou s'accrocher à ses rêves
Marc Bergeron
est un réalisateur qui aime son coin et son métier. Il a tourné
une foule de documentaires sur sa région. Marc est né à Val d'Or.
Mais il a grandi dans le «Saint-Henri» de Noranda, un quartier pauvre
de la ville. Adolescent, il arrête tôt les études, au secondaire
V. C'était loin d'être un décrocheur. C'est plutôt un gars bien
déterminé. Il voulait étudier en Réalisation Cinématographique.
Et il a attendu trois années avant que Le Collège Algonquin d'Ottawa
accepte sa candidature. Pendant l'attente, qui peut paraître bien
longue, l'ado sage et volontaire n'a pas chômé. D'un côté, il se
débrouillait grâce à des boulots de commis à la Poste ou à la SAQ.
Et de l'autre, il s'éclatait dans les arts. «À Noranda, il y
avait un milieu culturel dynamique». Dans son quartier, un local
communautaire accueillait une multitude de jeunes. «C'était une
fourmilière de gens qui avaient des idées et qui développaient leurs
talents artistiques (…) Photo, sculpture, peinture, petits films
super huit… On essayait tout et ça permettait aux p'tits culs du
quartier de s'accrocher à leurs rêves».
La vie des
Cris
Marc Bergeron
décroche son diplôme en 75. De retour à Val d'Or, il fait ses débuts
en tant qu'éclairagiste et cameraman pour Bisirak, un film
pour enfants de 10 minutes vendu à Radio-Canada. Fin des années
70, c'est l'arrivée du vidéo dans le monde télévisuel. Marc veut
impérativement connaître les nouvelles techniques. Alors il crée,
en 1979, sa propre maison de productions: Cym-Vidéo Enr. Pendant
trois ans, il réalise des publicités et documents promotionnels
pour des organismes publics ou des commerçants. Début des années
80, Radio-Québec s'ouvre à la régionalisation. Marc Bergeron participe
en tant que cameraman ou monteur aux productions et co-productions
de la télé éducative en Abitibi. De nombreux documentaires vont
dévoiler la vie dans cette région. Marc a filmé pendant deux ans
et demi la vie des Cris «une société bien organisée». Il travaillait
pour James Bay Cree Communication Society. Le producteur était lui-même
Cri.
En 83 et 84,
c'est une période de tournages en dehors de la région et aussi du
pays. Un moyen métrage pour les Productions du Regard. Voyages
au cœur des ondes l'amène à visiter le Monde: pays d'Europe,
Mali, grand nord Canadien; cest toujours le même film
qui la amené en Californie.
TQS voit le
jour en 87. Le nouveau réseau offre une place de réalisateur permanent
pour les actualités en Abitibi. Marc Bergeron réalisera le bulletin
de nouvelles régionales pendant cinq ans, ainsi que quatre ans de
télévision commerciale. Une belle expérience du direct
et de la réalisation. Mais aussi, une permanence pour élever son
jeune fils.
Retour à
Télé-Québec
«Je suis de
retour dans la jungle du pigisme». En 95, Marc retrouve Télé-Québec.
«Dans ce réseau, le travail est valorisant». On lui confie des reportages
régionaux pour Québec plein écran. Actuellement, il
travaille pour Attendez que je vous raconte… et Les choix
de Sophie. Maintenant, son fils a vingt ans. Et Marc ne se lasse
pas d'admirer les couleurs des longs couchers de soleil de l'Abitibi.
Par Béatrice Raimbault, paru dans le numéro
26 de Réalisons que...,
20 août 2000.
braimbault@hotmail.com
http://site.voila.fr/raimbault
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