Dans le cadre du 35è Anniversaire de Radio/Télé-Québec

Le.Réalisons que ... de novembre 2003



En route avec …

DENIS PAQUET

Un texte d'Evelyne Fiorenza

Aventurier dans l'âme, aimant les défis, la découverte de la différence et des autres, Denis Paquet est d'abord un homme heureux d'exercer son métier de réalisateur, métier pour lequel il éprouve toujours plus de respect. Aujourd'hui, Denis fait partie de l'équipe de réalisation de la célèbre émission : La Facture, sur Radio-Canada. Un long chemin l'a mené là, avec des obstacles, des choix quelquefois difficiles à faire et des grands moments de bonheur aussi ! Il jette sur ce passé un regard plein d'humour. Et y fait une place toute particulière à Télé-Québec (Radio-Québec, à l'époque) qu'il considère comme le tremplin de sa carrière.


Côté cours ….de la vie

Voyage, voyage !

C'est à Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, d'où il est originaire, que tout commence. À 16 ans, dans le cadre d'un atelier à l'école secondaire, Denis Paquet fait ses premières armes dans le cinéma expérimental et de fiction. C'est une expérience agréable mais pas déterminante pour le cours de sa vie. Son voyage d'un an, en 1976, en Europe, le sera bien plus. Les chocs culturels qu'il va vivre alors vont désormais le sensibiliser à ce qui se passe ailleurs qu'au Québec qu'il n'avait jusque là jamais quitté, et lui ouvrir des horizons qu'il ne cessera plus de vouloir élargir.

Et voilà que naît en lui la passion des voyages, des découvertes et qu'il ressent, quoique à son insu pour commencer, un vrai besoin de s'exprimer, notamment en écrivant, et de laisser des traces. Le cinéma s'impose alors à lui.

Pas que du cinéma …

Denis se diplôme en 1979 en communications à Concordia. Ses débuts dans le cinéma n'ont rien d'inoubliable : assistant à la production, il n'envisage pas du tout de patienter les 8 à 10 années classiquement requises pour arriver à la réalisation ! Il s'oriente donc très rapidement vers la TV malgré le flagrant mépris du monde du cinéma pour celui du petit écran.Une décision heureuse puisqu'elle va lui permettre de participer à la grande aventure de la télévision au Québec !

Retour aux sources et nouveau métier

Radio-Québec ouvre des antennes dans plusieurs régions dont l'Abitibi-Témiscamingue. Une opportunité formidable que Denis ne rate pas. Quand il intègre Radio-Québec à Val d'Or en tant que réalisateur, il a 22 ans. Denis se rappelle en souriant «Je n'avais jamais fait ça auparavant! Ma formation universitaire ne me préparait pas du tout à ce rôle. J'ai dû manger mes croûtes ! Il fallait pédaler vite pour se mettre au niveau, c'était un vrai défi !» Et il l'a relevé, la main haute ! Il considère encore aujourd'hui qu'il ne pouvait y avoir meilleure école que cette «production de brousse» où la survie passait par la débrouillardise. Il s'initie et se perfectionne dans son métier de réalisateur via, notamment, une série télévisée d'information et affaires publiques interrégionales. Émissions comparant les différentes régions concernées sur un sujet donné.



Photo : gracieuseté d'Alain Savaria


Aventure, découverte et information internationale

Il conserve ce poste pendant 9 ans et vit heureux en Abitibi qui lui offre une formidable qualité de vie. Cependant, dès 1992, le concept régional de Radio-Québec commence à péricliter. Quatre postes de réalisateurs permanents à Montréal sont ouverts et accessibles uniquement sur concours. Denis tente sa chance et réussi. Et de plus intègre l'émission qu'il convoitait : Nord Sud, émission phare de l'époque !! Il passe les trois années suivantes à parcourir le monde et satisfait ainsi son goût pour l'aventure, la découverte et pour l'information internationale.


Une histoire privée

En 1995, l'émission Nord Sud disparaît comme beaucoup d'autres réalisées en interne. Le privé prend le relais. Radio-Québec devient Télé-Québec. Encore une fois, une décision s'impose à Denis. Il met en balance la sécurité d'emploi qu'offre le télédiffuseur mais avec le risque de ronronner professionnellement et l'instabilité relative du privé mais plus prometteur en réalisations. C'est la deuxième option qui l'emporte. L'adaptation au monde du privé ne sera pas tous les jours facile, « j'aimais l'ambiance collégiale, amicale qui régnait à Radio-Québec » nous dit-il, un brin nostalgique. Mais sa capacité d'adaptation fait encore merveille et il évolue rapidement dans ce nouveau monde.

Denis devient un électron libre dans la profession. Il participe à de nombreuses émissions, enrichissant ainsi la palette de ses expériences. Il prête ses talents à des sociétés de production comme Télé-Vision ; Métaforia ; Productions du Sagittaire ; Radio-Canada (pour ne nommer qu'elles) et participe à des émissions aussi connues que Les prix du Québec, Les Beaux Dimanches ; Branché (sur les technologies des médias) ; Enjeux et bien d'autres comme Zone libre qui diffuse un de ses topos.

 


Aujourd'hui il se concentre sur La Facture, émission qui demande une formidable rigueur, ce qui séduit Denis. Parce que, oui ! c'est un autre aspect de sa personnalité. Capable d'évoluer dans l'inévitable flou de tout ce qui a trait à l'humanité et ses émotions (sujet qui le passionne), il peut également être un orfèvre du détail pour pouvoir atteindre justesse et précision......................................................................... Photos : gracieuseté Radio-Canada

Côté jardin …

Réalisateur … rime avec créateur

Ce métier, Denis se sent privilégié de le faire et le prend à cœur, «Je me considère toujours en formation. Pas le choix si on veut s'ajuster à l'évolution des mass-médias !», et cette évolution lui plaît, surtout technologique. Il se souvient, sans regret aucun, de ses débuts : «Le matériel était gros, lourd ! On était tellement pris par la technique que la créativité en prenait un coup ! Aujourd'hui, la transition de l'analogie au numérique fait du réalisateur un créateur et non plus un exécutant». Un créateur … voici la vision que Denis a de son métier et il la doit en partie à Télé-Québec et surtout à des gens «précieux» qu'il y a rencontré comme Lynn Fournier, Robert Desrosiers, Gaëtan Lavoie, «ces gens ont idéalisé le métier mais dans le bon sens, ils l'ont défendu et m'ont ouvert les yeux sur bien de ses aspects. Ils m'ont permis de saisir la valeur de mon travail et de m'affirmer comme créateur» . Dans les propos de Denis, on ressent une part de gratitude et d'admiration pour cette «maison» qui lui a mis le pied à l'étrier et à laquelle il reconnaît toujours une volonté d'innover. « Droit de parole en était, à l'époque, un exemple parfait», dit-il.

Et pour conclure, Denis ? Quelques mots pour la fin de cet article-rencontre !

« Je m'intéresse à la vie des gens ordinaires au destin extraordinaire, j'aime raconter des histoires (et l'émission Nord-Sud a d'ailleurs été une très bonne école en story telling ). On peut faire rimer information avec émotion sans tomber pour autant dans l'information spectacle . C'est important pour moi de sentir que je suis utile à la société en participant à son information en particulier. En somme, je me sens vraiment privilégié de faire ce métier ! »

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